VIH : Comment agit-il dans le corps ?

Le 28 avril 2015

VIH, Sida, séropositivité, sont des mots désormais
connus de la plupart d'entre nous. Pour autant, pas
facile de s'y retrouver dans tous ces termes qui
semblent définir la même chose. Comment le VIH
détruit-il le système immunitaire ? Quand devient
-on séropositif ? Quand peut-on parler de Sida ?

Le VIH est l'acronyme du virus d'immuno
-déficience humaine, le virus qui entraîne à terme le
Sida : le syndrome d'immunodéficience acquise.

S'il n'est pas contagieux, puisqu'il ne se contracte
pas en touchant une personne atteinte, il est
toutefois transmissible. Le sang, le sperme, le
liquide pré-séminal, les sécrétions vaginales et le
lait maternel sont les six fluides qui peuvent
transmettre le VIH. La salive, les larmes ou encore
la sueur ne sont pas porteuses du virus.

De la contamination à la séropositivité

Le VIH est d'autant plus dangereux qu'il s'attaque à
notre système immunitaire.

Une fois dans l'organisme suite à une infection
(rapport non protégé, seringues partagées,
accouchement...), le VIH entre dans certaines de
nos cellules : les lymphocytes T4 (LT4), des
cellules clés du système immunitaire. Le VIH
possède en effet à sa surface des protéines qui lui
permettent d'être reconnu par la membrane des
LT4, qui le laisse alors s'infiltrer. En s'immisçant
dans ces globules blancs, le VIH se reproduit. Son
patrimoine génétique s’intègre à celui de la cellule,
qui produit de nouveaux VIH. Ceux-ci sortant de la
cellule infectée en contaminent une autre, etc...

Les cellules LT4 infectées par le VIH seront
ensuite détruites.

Lors de cette première phase, l'organisme tente de
limiter l'infection. Des cellules du système
immunitaire sont dirigées contre le VIH afin de le
combattre : ce sont des anticorps anti-VIH. Ce sont
eux qui seront recherchés dans le sang après une
prise de risque, pour définir s'il y a eu ou non une
infection par le VIH. Cependant, bien que les tests
détectant les anticorps soient de plus en plus
performants, il existe une fenêtre sérologique de 3 à
12 semaines pendant laquelle le VIH est présent
sans que l'on puisse détecter ces anticorps.

Lorsque des anticorps anti-VIH sont décelés dans
le sang, l'individu est dit séropositif pour le VIH.

Sida et maladies opportunistes

Au fur et à mesure que le VIH attaque les cellules
du système immunitaire, la quantité de virus
augmente. S'en suit un cercle vicieux : plus le virus
s'immisce dans les cellules, plus il se multiplie et
affaiblit les défenses immunitaires. L'organisme
devient alors immuno-déficient et n'a plus la force
de se défendre face aux infections. On parle alors
de Sida : syndrome d'immunodéficience acquise.

Des maladies dites opportunistes vont profiter de la
faiblesse de l'organisme pour se développer. La
plupart surviennent lorsque le nombre de cellules
LT4 dans le plasma sanguin est inférieur à 200 par
mm3, alors que le taux « normal » est de 500/mm3.

Ces infections opportunistes sont souvent causées
par des micro-organismes présents dans le corps
depuis longtemps et gérables par un système
immunitaire normal. Chez un individu immuno
-déficient, ces agents infectieux peuvent induire une
pneumocystose, une toxoplasmose (abcès cérébral)
ou encore un cytomégalovirus. La tuberculose,
les mycoses et les cancers sont également observables
chez les personnes atteintes du Sida.

Il peut se passer 10 ans entre la séropositivité et le
stade du Sida avec les premiers vrais symptômes,
c'est pourquoi beaucoup de malades infectées
vivent avec le VIH sans le savoir.

La trithérapie pour empêcher la prolifération vers le stade Sida

Depuis 1996, la prescription de combinaisons
thérapeutiques appelées trithérapies permet de
réduire considérablement la quantité de virus dans
l'organisme. Ces médicaments agissent notamment
en empêchant autant que possible la reproduction
du virus, qui ne peut plus infecter à foison les
cellules immunitaires. Si le VIH est nettement
moins agressif et moins visible, il n'est pas pour autant éliminé de l'organisme.

Grâce à ces trithérapies, l'espérance de vie des
malades a considérablement augmentée. Mais ces
traitements lourds et contraignants possèdent
encore de nombreux effets indésirables à plus ou
moins long terme, qui poussent certains malades à
suspendre ou abandonner leur traitement.

Là encore, la prévention de la maladie reste le
moyen le plus efficace de venir à bout du Sida. Les
rapports protégés avec préservatif, les tests de
dépistage réguliers et l'utilisation de seringues
stériles sont donc plus que jamais de mise pour
empêcher une infection au VIH.